Histoire de la soie
Bien avant les routes et les empires, il y eut un fil. Plus fin qu’un cheveu, plus solide qu’il n’y paraît, il a relié la Chine au reste du monde pendant des millénaires. Voici son chemin, des premiers villages chinois jusqu’à Paris.
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6500Vers · av. J.-C.
Les premières traces
Dans les tombes de Jiahu, au Henan, des archéologues ont relevé des traces de protéines de soie vieilles d’environ huit mille cinq cents ans. Bien avant l’écriture, bien avant les routes, la Chine savait déjà ce que le cocon pouvait offrir.
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2700Vers · av. J.-C.
La légende de Leizu
La tradition raconte qu’un jour, l’impératrice Leizu, épouse de l’Empereur jaune, vit un cocon tomber dans sa tasse de thé. Dans l’eau chaude, il se défit en un fil long et brillant. Elle aurait appris à élever le ver, à dévider le cocon, à tisser. On l’honore encore comme la mère de la sériciculture.
Derrière la légende, il y a une vérité plus simple : la soie est née de l’observation patiente du vivant, et de mains de femmes qui en ont transmis le secret pendant des siècles.
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1300Vers · av. J.-C.
Un savoir jalousement gardé
Sous la dynastie Shang, les inscriptions gravées sur os et carapaces de tortue nomment déjà le ver, le mûrier et la soie. L’étoffe est réservée aux rites et aux puissants, et son secret ne quitte pas la Chine.
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138Av. J.-C.
Vers l’Ouest
L’empereur Wu des Han envoie son émissaire Zhang Qian vers les royaumes d’Asie centrale. Dans son sillage s’ouvrent des pistes caravanières qui relieront Chang’an à la Perse, puis à la Méditerranée. Les Romains, éblouis, appellent Seres le peuple qui la fabrique. C’est de ce nom que vient le mot sériciculture.
Ces routes portent des étoffes, mais aussi des langues, des croyances et des motifs. Il faudra attendre 1877 pour qu’un géographe allemand, Ferdinand von Richthofen, leur donne le nom que nous connaissons. Notre collection Route de la soie en porte l’héritage.
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552Apr. J.-C.
Des œufs dans une canne de bambou
Selon l’historien Procope, deux moines rapportent à l’empereur Justinien des œufs de vers à soie cachés dans des cannes creuses. Le monopole chinois prend fin. La soie s’élève désormais à Byzance, puis gagne peu à peu tout le pourtour de la Méditerranée.
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1138Hangzhou
Hangzhou, cité de la soie
La dynastie des Song du Sud fait de Hangzhou sa capitale. Entre le lac de l’Ouest et les mûriers du Zhejiang, la ville devient l’un des grands foyers de la soie chinoise. Sous les Ming puis les Qing, elle abrite une manufacture impériale qui tisse pour la cour.
C’est dans cette région qu’aujourd’hui encore, nos carrés sont tissés et imprimés.
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1536Lyon
Lyon, la soie à la française
François Ier accorde à deux marchands le privilège d’établir à Lyon le tissage de la soie. La ville attire les tisserands, puis les dessinateurs. Sous Louis XIV, ses étoffes habillent les cours d’Europe, et en 1801, le métier de Joseph Marie Jacquard y transforme le tissage des motifs. La France a trouvé son style : ornemental, précis, raffiné.
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1865Cévennes
Le chemin inverse
La pébrine, une maladie du ver à soie, décime les élevages français. Louis Pasteur est envoyé dans les Cévennes pour la comprendre. Les soyeux lyonnais se tournent alors vers l’Asie : la soie chinoise reprend la route de l’Ouest, et le fil entre la Chine et la France se tend à nouveau.
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2009UNESCO
Un patrimoine de l’humanité
L’UNESCO inscrit la sériciculture et l’artisanat de la soie de Chine au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Du Zhejiang au Sichuan, des gestes vieux de plusieurs millénaires sont reconnus comme un bien commun.
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Aujourd’huiParis
Un fil qui relie
La soie ne nous appartient pas. Elle nous précède de plusieurs millénaires. Nous avons simplement choisi d’en tenir un fil : des motifs dessinés par des artistes, imaginés à Paris, tissés et imprimés dans la région de Hangzhou. De la Chine à Paris, le chemin continue.